12 novembre 2017

Évangile des  » vierges folles »

Tel était le titre qu’on donnait jadis à cette page de l’Evangile de Mathieu que j’ai proclamé ce matin. Ne vous inquiétez pas ce n’était pas à la messe de 11 h, mais seulement dans un petit oratoire, où nous étions en équipe pour un temps d’oraison et de partage . Ce texte si connu m’avait toujours inspiré, lorsque j’étais en classe, un sentiment, à la fois de supériorité- j’étais bien entendue une vierge sage- mais aussi un sentiment de culpabilité-je ne voulais pas partager cette précieuse huile avec ces écervelées. Lecture enfantine dont je n’arrivais pas trop à sortir.

 » je ne vous connais pas « 

Cette phrase résonnait tout de même de manière abrupte et me semblait un châtiment disproportionné par rapport à une faute qu’on pouvait qualifiée d’oubli ou de manque de précaution. C’était un peu la fable de la cigale et de la fourmi version catho…

Heureusement à la messe de 11 h , la vraie, dans un couvent de dominicains, l’homélie a été à la hauteur de la réputation de Saint Dominique. Tous ceux qui s’étaient risqué à partager , ce matin à l’oratoire,  un petit commentaire étaient particulièrement attentifs et attendaient de voir comment le prêcheur  » s’en sortirait ». Après avoir balayé la lecture au premier degré et un peu moralisatrice que je vous ai livré, il a attiré notre attention sur plusieurs points: « Au milieu de la nuit, un cri retentit ». Qui est cette onzième personne dont le cri va nous réveiller au milieu de la nuit. Car toutes, prévoyantes et insouciantes se sont endormies . Ce veilleur va permettre d’accueillir l’époux, cette voix qui arrive au moment où n’y pensait pas, cela peut être une rencontre, une situation, un évènement « inattendu ». Mais avoir été réveillé ne suffit pas pour accueillir l’époux, il faut être prêt, il faut la lumière de la lampe, l’éclairage de la foi, l’audace de l’Esprit, la force d’entrer à sa suite dans la salle du festin. Cette huile qui a été « sagement pris »par les prévoyantes c’est peut être le don de la foi et même si elles souhaitaient le partager avec d’autres, nous savons que cela n’est pas possible…c’est une réponse personnelle, il est seulement possible d’en donner témoignage. Pour le moment celles qui n’ont pas encore répondu, qui n’ont pas fait briller leur lumière ne peuvent marcher dans l’obscurité de la nuit et l’époux ne les connait pas …mais une autre nuit, un autre cri les mettra en route, sans doute…Ce qu’il a dit était encore mieux, mais je ne me souviens pas de tout.

Hier, 11 novembre, le pape François parlait devant le symposium international de la conférence épiscopale italienne et dans un court discours a redonné quelques orientations fortes de l’exhortation Amoris laetitia. Voici quelques commentaires d’Anita Bourdin sur le site de Zenit qui donne également le texte assez court du pape.

Chers frères et sœurs bonjour !

Je vous salue tous, vous qui participez au troisième Symposium International sur l’Exhortation apostolique « Amoris laetitia », convoqué par le Bureau pour la pastorale familiale de la Conférence épiscopale italienne.

Le thème que vous vous êtes proposé – « L’Evangile de l’amour, entre conscience et norme » – est d’une grande importance et il peut éclairer le parcours que les Eglises italiennes sont en train d’accomplir, aussi pour répondre au désir de famille qui émerge dans l’esprit des jeunes générations. L’amour entre un homme et une femme est, évidemment, parmi les expériences humaines les plus fécondes, c’est le ferment de la culture de la rencontre et elle apporte au monde actuel une injection de sociabilité : vraiment, « le bien de la famille est décisif pour l’avenir du monde et de l’Eglise » [i]. C’est justement la famille née du mariage qui génère des liens féconds, qui se révèlent être l’antidote le plus efficace contre l’individualisme galopant ; toutefois, sur le chemin de l’amour conjugal et de la vie familiale il y a des situations qui requièrent des choix ardus, à accomplir avec rectitude. Parfois dans la réalité domestique se présentent des nœuds concrets à affronter avec une conscience prudente de la part de chacun. Il est important que les époux, les parents, ne soient pas laissés seuls, mais soient accompagnés dans leur engagement à mettre l’Evangile en pratique dans la réalité de la vie. D’autre part nous savons bien que « nous sommes appelés à former les consciences, non pas à prétendre de se substituer à elles » [ii].

Le monde contemporain risque de confondre le primat de la conscience, qui doit être toujours respectée, avec l’autonomie exclusive de l’individu par rapport aux relations qu’il vit.

Comme je le disais récemment à l’Académie Pontificale pour la Vie, « il y a celui qui parle même d’égolâtrie, c’est-à-dire d’un vrai culte du moi, sur l’autel duquel on sacrifie tout, y compris les êtres les plus chers. Cette perspective n’est pas inoffensive : elle modèle un sujet qui se regarde continuellement dans un miroir, jusqu’à devenir incapable de tourner les yeux vers les autres et vers le monde. La propagation de cette attitude a des conséquences gravissimes pour toutes les affections et pour les liens de la vie » [iii]. C’est une « pollution » qui corrode les esprits et rends confus les intelligences et les cœurs, en produisant de fausses illusions.

Romano Guardini, dans son texte sur le thème de la conscience, indique le chemin pour la recherche du véritable bien : « De cet emprisonnement en moi-même je ne me libère que si je trouve un point, qui ne soit pas mon moi ; en haut, au-dessus de moi. Un quelque chose de solide et d’efficace qui s’affermisse à l’intérieur de moi. Et nous voici arrivés au cœur [ … ] c’est-à-dire à la réalité religieuse. Ce bien [ … ] est quelque chose de vivant. [ … ] C’est la plénitude des valeurs du Dieu vivant lui-même » [iv].

Dans l’intimité de chacun il y a un lieu où le Mystère se révèle et illumine la personne en la rendant protagoniste de son histoire. La conscience – rappelle le Concile Vatican II -, c’est ce « noyau le plus secret et le sanctuaire de l’homme, où il est seul avec Dieu, dont la voix résonne dans l’intimité » [v]. Au chrétien il appartient d’être vigilant afin que dans cette sorte de tabernacle ne manque pas la grâce divine, qui illumine et fortifie l’amour conjugal et la mission parentale. La grâce remplit les « amphores » des cœurs humains d’une capacité de don extraordinaire, renouvelant pour les familles d’aujourd’hui le miracle des noces de Cana.

En commentant cet épisode de l’Evangile, j’ai pu dire que « en transformant en vin l’eau des amphores utilisées « pour la purification rituelle des Juifs » (v. 6), Jésus accomplit un signe éloquent : il transforme la Loi de Moïse en Evangile, porteur de joie »[vi]. Jésus indique en particulier la médecine de la miséricorde, qui guérit la dureté du cœur, assainissant les rapports entre mari et femme et entre parents et enfants.

Chers frères et sœurs, je vous adresse tous mes vœux pour votre travail dans ce Symposium. Puisse-t-il aider l’Eglise en Italie à assimiler et à développer les contenus et le style d’Amoris laetitia ; puisse-t-il contribuer à la formation des animateurs des groupes familiaux dans les paroisses, dans les associations, dans les mouvements ; puisse-t-il soutenir le chemin de tant de familles, en les aidant à vivre la joie de l’Evangile et à être des cellules actives dans la communauté. Je vous bénis de tout cœur et vous demande,

s’il vous plaît, de prier pour moi.

 

Aujourd’hui , 12 novembre, fête de Saint Christian, c’était parait-il  un cuisinier ! Rien n’est donc perdu…

Au début du 11 ième siècle, quatre moines de l’Ordre des Camaldules arrivent en Pologne en provenance d’Italie pour l’évangélisation de ce pays. Christian, d’origine polonaise, est leur cuisinier et à ce titre partage leur vie d’ermites et de missionnaires…ils vont tous finir martyres…mais nous laisser quelques belles icônes dont voici un spécimen.

 

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