8 avril 2020

C’était il y a quatre ans ! Souvenez-vous !

Le pape François rendait publique l’exhortation Amoris laetitia, La Joie de l’Amour, fruit de deux synodes sur la famille. Le texte avait été envoyé sous embargo aux évêques et au service famille et société afin qu’ils puissent , le jour même de sa sortie, tenir une conférence de presse et donner leur orientation pastorale !  Quatre ans après, dans certains diocèses, on attend encore une quelconque orientation. Rien n’a été dit sinon qu’on allait renforcer la préparation au mariage par quelques bons cours de caté, car les jeunes qui viennent pour se marier ne connaissent plus rien à la religion catholique et que c’est pour cela qu’ils divorcent à la moindre difficulté  !

Alors que ce texte, qui ne va pas plus loin que les ouvertures demandées et votées ( même si parfois ce fût à une voix près ) est une véritable re-volution de toute la pastorale et pas seulement sur la question médiatisée,  car vigoureusement combattu avant même l’ouverture des synodes par les tenants d’une morale rigide, plus du tout en phase avec la vie quotidienne des hommes et des femmes de notre temps et souhaitant conserver à tout prix la sainte doctrine. Le pape François nous invite à sortir du  » permis-défendu » pour entrer dans une pastorale des « petits ». La pratique de l’art de l’accompagnement nous permet de reconnaître les « semina verbi » présentes dans la vie de toute personne qui s’efforce de vivre selon l’Évangile au milieu des difficultés de sa situation bien réelle. La pastorale devient ainsi la recherche d’un chemin d’intégration de tous ceux qui sont au bord du chemin ou qui se sentent exclus. Cela passe d’abord par la conversion des pasteurs et de leur communauté pour faire de l’intégration une priorité pastorale.

Nous avions prévus de fêter cet anniversaire par un temps fort, organisé à Paris avec le mouvement « Chrétiens divorcés, chemin d’espérance ». Mgr Hérvé Giraud, évêque de la mission de France devait nous accompagner sur le thème de  » la logique de la miséricorde pastorale »…et tout a été annulé par le virus.

Voici le texte de notre intervention prévue  sur le thème de la rencontre.

Evidemment, cette fête tombe plutôt mal, car on n’a pas vraiment le cœur à la fête, et , en plus, c’est mercredi de la semaine Sainte…mais je me suis dit que c’était bien dommage de ne pas se donner un peu de JOIE en évoquant cette exhortation à l’Amour.

Et puis en ce temps de « jeûne eucharistique  » pour tous ( sauf pour les prêtres qui célèbrent tous seuls), je trouve intéressant de retravailler cette question de l’eucharistie…Le livre de Bernard Sesboüé  » Comprendre l’Eucharistie » vient de sortir et on va le travailler en petit groupe Skype…

Beaucoup de chrétiens qui soufrent de ne pouvoir communier autrement que spirituellement, attendent avec impatience la levée du confinement…

Il y aura, dans un temps plus ou moins long, un dimanche où l’on pourra se réunir à nouveau et re-communier. Ce sera sans doute une grande joie pour les paroissiens que de se retrouver dans cette longue  » file de communion » avançant tous ensemble vers l’autel !

MAIS,

Dans certains lieux,  il aura des gens qui resteront assis sur leur bancs, car ils sont encore confinés, interdit pour toujours de s’avancer vers le don que Jésus fait à tous de sa vie…ce sont les personnes que l’on nomme « divorcés-remariés » et à qui pourtant Amoris Laetitia a ouvert un chemin vers les sacrements. Comment pourrons-nous, nous qui avons souffert de ne pas pouvoir communier pendants seulement quelques mois, laisser pour toujours sur leur chaise, ceux avec lesquels sont avons vécu ce jeûne forcé ? N’allons-nous pas les prendre par la main pour les inviter à venir avec nous vivre cette communion sacramentelle qui prolonge la communion ecclésiale à laquelle ils participent déjà ?

Si vous avez du temps, allez relire le discours de clôture du synode de 2015 lu par le pape François, juste après le dernier vote dans la Aula . Vous verrez comment ils traitent les défenseurs de la pure doctrine. Ceux «  qui souvent se cachent jusque derrière les enseignements de l’Église ou derrière les bonnes intentions pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées. »  C’est le texte que je vais lire lorsque j’ai un petit coup de mou !

 

 

 

 

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