contribution d’Evry

Commission divorcés – divorcés remariés

Adresse postale : Commission divorcés 12 rue de Paris 91310 Longpont sur Orge

Téléphone : 06 81 33 34 65   –         adresse mail : commissiondivorces@eveche-evry.com

 

 

 

 

 

Réponse aux questions

pour la réception et l’approfondissement de la

Relatio Synodi

 

Question n° 35 relative aux n° 46 et 47

Nous nous réjouissons de l’affirmation forte de la relatio synodi au sujet de l’écoute et de l’accompagnement des personnes séparées et divorcées. Elles vivent une situation de souffrance très profonde et ont donc besoin de la sollicitude de la communauté chrétienne.

Mais la très grande difficulté de cet accompagnement tient d’abord au fait qu’il n’est pas évident de les rejoindre pour les raisons suivantes :

  • 8 personnes sur 10 qui divorcent se croient excommuniées et coupent tout lien avec l’Eglise.
  • Une personne divorcée est une personne qui souffre comme cela est clairement dit au n° 45. Mais la conséquence, c’est qu’elles se cachent et, même si le divorce est plus couramment admis dans la société, elles n’ont aucune envie d’être vues.
  • Le poids du regard de l’Eglise est encore énorme et constitue une barrière souvent quasi-infranchissable.

Il nous faut donc les rejoindre. C’est la plus grosse difficulté actuelle dans la pastorale des divorcés.

Nous pensons que, dans son ensemble, la communauté chrétienne n’est pas prête à prendre soin des familles blessées, à accueillir les personnes divorcées pour leur permettre de vivre un chemin de deuil et de résurrection. Il y a donc un gros travail de conscientisation et de formation à entreprendre dans nos paroisses, tant au niveau des prêtres qu’à celui des fidèles.

Question n° 37 relative aux n° 48 et 49

Il ne nous semble pas que l’élargissement de la procédure de nullité soit le bon chemin. Elle ne devrait au contraire être qu’exceptionnelle.

Les raisons avancées sont les suivantes :

  • Avoir à recourir à un regard sur le passé pour régler un problème du présent est une démarche qui comporte ses difficultés inhérentes.
  • C’est parler du sacrement uniquement de façon juridique… alors que c’est d’abord un acte de foi.
  • C’est risquer d’empêcher les personnes d’avoir à assumer leur vie et leurs échecs
  • Le terme de nullité ne recouvre pas exactement la réalité et, dans la pratique, prête à confusion : « mes enfants ne sont pas nuls » – « ce que nous avons vécu n’est pas nul » …
  • Cela affaiblira la notion même de sacrement car, quand le couple traversera une crise, il sera encore plus enclin à se poser la question : « Et si notre sacrement était nul ? »

C’est donc un autre chemin qu’il faut ouvrir, celui du primat de la miséricorde.

 

Question n° 38 relative au n°52

Le N° 1735 du Catéchisme de l’Eglise catholique nous parait devoir retenir toute notre attention :

1735 L’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux.

On peut se poser la question de savoir si l’imputabilité et la responsabilité ne sont pas toujours diminués dans le cas des divorces, vues les situations de mort que traversent les conjoints. Le N° 1735 précise les facteurs de non imputabilité. Ils recouvrent, le plus souvent, les situations vécues dans le divorce. Cela ne retire pas qu’à l’occasion d’une nouvelle union, ils soient en « situation objective de péché », mais rend beaucoup plus compréhensible le recours à la miséricorde que pratiquent les Eglises orthodoxes.

Cela ne retire pas qu’il faudra, tôt ou tard, revisiter la théologie du sacrement de mariage, revoir ses fondements scripturaires, et prendre en compte le contexte social et politique, philosophique et religieux du XXI° siècle qui n’est plus celui du XII° s.

 

Denis BOUZAC, Véronique GAUTHIER, Jean Marc HUDAULT,

Franck et Geneviève LARSONNIER, Michèle MAGNIER, Guy de LACHAUX

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