Témoignage de Florence et Georges 15 octobre 2017

Témoignage de Florence et Georges Romero,

3 enfants, paroisse de Bron

G : Nous nous sommes rencontrés en 2000. A cette époque, nous allions à la messe uniquement lors des évènements familiaux ou amicaux. Lors de ces occasions, du fait de notre situation, nous ne communiions plus.

Nous avons fait plusieurs démarches pour reprendre contact avec l’Eglise, notamment à l’occasion des baptêmes de nos enfants.

F : Mais lors de la première démarche, les réponses nous paraissaient inadéquates :

– il a été proposé à Georges de faire une demande en nullité de mariage ; mais cela ne répondait pas à notre attente de cheminement de couple.

– on nous a conseillé d’aller communier ailleurs où ils ne connaissaient pas notre situation ; mais ce n’était pas ce que l’on demandait, nous cherchions à trouver notre place.

C’est grâce à l’accueil de notre paroisse actuelle pour le caté de notre fils ainé que nous avons vraiment repris contact.

Lors d’un temps fort, nous avons visité une église orthodoxe dans laquelle nous avons entendu parler pour la première fois, de couples « éprouvés ». Cela a fait écho en nous et nous avons demandé à notre curé,  Franck, de le rencontrer.

Sa première question « Etes-vous en paix ?» nous a beaucoup fait cheminer. Elle a été le point de départ de rencontres régulières.

Parallèlement, nous commencions à nous impliquer dans la paroisse : catéchisme, permanence d’accueil ; et nous allions plus souvent à la messe.

Mais plus nous  trouvions notre place et moins nous nous sentions le « droit » de l’avoir. Nous ressentions une inadéquation entre le message du Christ et ce que nous renvoyaient les règles de l’Eglise Catholique.

Lors du temps d’eucharistie, nous nous sentions esseulés sur notre banc.

Certaines paroles nous blessaient :

La phrase « Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri » avant chaque eucharistie qui nous rappelait que nous ne le serions jamais.

D’autre part, des paroles entendues ailleurs :

  • celle d’un prêtre appelant les personnes « empêchées » à ne pas communier mais seulement à se faire bénir, (empêchées que nous comprenions « en péché »)
  • ou de certains paroissiens s’adressant à Florence : « Mais toi tu n’es pas concernée, tu n’es pas divorcée », qui niait l’existence de notre couple.

Tout ceci nous paraissait de plus en plus absurde.

Au cours de l’accompagnement avec Franck, nous avons évoqué l’eucharistie et ce que cela représentait pour nous, ce d’autant que notre fils ainé allait communier pour la première fois. Franck nous a proposé de bâtir une célébration avec une bénédiction de notre couple ; cela pouvait être une étape avant un accès aux sacrements, si nous le souhaitions.

Cette célébration a eu lieu dans l’intimité avec nos enfants et quelques proches avec qui nous avions cheminé tout au long de ces années. Le lendemain, lors de la messe dominicale, nous avons retrouvé le chemin de l’Eucharistie après 12 ans.

Depuis,  nous avons été couple accompagnateur d’une équipe Tandem et nous sommes tous les deux membres de l’Equipe d’Animation Pastorale.

La parution d’Amoris Laetitia a trouvé résonnance en nous, et nous avons été appelés à accompagner une équipe de couples divorcés-remariés pour un chemin de discernement tel que le recommande l’exhortation apostolique. Cette équipe est constituée de quelques couples divorcées-remariés, d’autres membres de la communauté paroissiale et du prêtre.

Ce cheminement, qui s’appuie sur l’Evangile de Bartimée, permet de visiter les domaines de discernement détaillés par le pape François. Ce groupe de parole permet à chacun de discerner comment il peut avancer pas à pas, éventuellement vers les sacrements, notamment ceux de la réconciliation et de l’eucharistie.

 

 

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