Témoignage de Laetitia et de Georges

Nous sommes Laetitia et Georges, nous sommes mariés depuis 15 ans et avons ensemble trois enfants de 13, 9 et 7 ans. Nous avons répondu à votre appel à témoignage par rapport à notre parcours car nous faisons partie de ce groupe, constitué par des couples « Divorcés-remariés ».

 

Georges : La religion et la foi ont toujours été présents dans ma vie. Aussi quand très jeune j’ai rencontré ma première femme, le fondement religieux de notre mariage était pour moi d’évidence. Cependant, je n’avais pas pris conscience de sa dimension sacramentelle et surtout de l’importance capitale dans ma vie au sein de l’Eglise. Après 4 années de mariage, nous avons divorcé.

Laetitia : Dieu a toujours été un compagnon de ma vie. Lorsque j’ai rencontré Georges, sa situation de divorcé n’était pas facile à appréhender, mais nos convictions profondes sur les chemins que nous voulions emprunter et le sens que nous voulions donner à notre relation ont su nous amener à nous marier.

Préalablement à notre mariage nous avons sollicité deux amis prêtres pour nous accompagner. Ils nous ont tous les deux expliqué les conséquences de la situation de divorcé de Georges pour l’institution ecclésiale dans notre décision de mariage civil : baptisés dans le Christ, nous « divorcés-remariés » sommes parts entières de l’Eglise sans pour autant pouvoir accéder, ni être nourris de ses sacrements ; en particulier du sacrement de l’Eucharistie, source de vie et de foi. Malgré tout, nous avons choisi de vivre cette union dans la foi, dans l’Eglise et dans le respect des règles qu’elle impose.

Georges: Les trois enfants nés de notre Amour ont été baptisés  et partagent notre foi. Pour les accompagner et faire partie de la communauté des chrétiens, nous avons choisi de nous investir dans notre paroisse et depuis plus de 10 ans, nous préparons des familles au baptême et sommes membre de l’équipe de liturgie pour enfants. Mais nous conservions cette blessure de ne pas participer au festin du seigneur, en communauté, chaque dimanche. Quelques exceptions sont intervenues dans des circonstances particulières notamment à l’occasion du décès de mon beau-père, du Baptême de nos enfants ou encore de la première communion de notre fille. A chaque occasion, nous avions prévenu le prêtre célébrant de notre démarche et avons été remplis de joie par son respect et sa bienveillance.

Laetitia : La discipline de l’église concernant les sacrements était vécu dans la douleur et désormais étaient ancrées en nous, une tristesse et une peine de ne pouvoir accompagner nos enfants sur leur chemin sacramentel. En plus de nos engagements paroissiaux, nous avons donc rejoint les équipes Reliance afin de vivre une spiritualité de couple, sous le regard de Dieu, d’échanger sur nos particularités, partager avec d’autres couples et notre conseiller spirituel, notre souffrance et la façon de vivre notre choix de respecter cette discipline.

Georges : Après 12 ans d’échanges au sein de notre équipe Reliance, notre cheminement personnel et nos retraites nous ont amenés à considérer qu’en tant qu’enfant de Dieu, nous pouvions recevoir le sacrement de l’Eucharistie. Nous avions en effet  le sentiment d’avoir parcouru notre chemin de croix, d’avoir ancré notre couple dans une foi profonde et que ce sacrement de mariage qui nous fait défaut, nous pouvions le transcender au nom de l’Eucharistie et de partage ensemble en Dieu.

 

Laetitia : Au cours d’un WE de recollection avec notre équipe Reliance ces questions sont survenues. La notion de conscience éclairée d’un chemin de foi, parcouru en couple et théorisée par certains théologiens, a été découverte, puis approfondie à la lumière des écrits du Pape François. Il a  insufflé un nouvel élan, notamment au travers d’AMORIS LAETITIA, dont les différentes explications de texte, commentaires ont raffermi notre conviction de retour au sacrement. En effet, le respect des Dogmes auquel nous sommes soumis correspond-il vraiment à la Parole de Dieu, à son désir d’accueil de tous ses enfants, au rassemblement de tous les peuples,… ?

Georges : Par ce geste, nous voulons témoigner que le chemin quel qu’il soit, s’il est fait en conscience, entouré, et accompagné peut amener à une re-vie en Dieu.

Laetitia : Depuis lors, ce sacrement de l’Eucharistie, qui nous paraissait presque banal lorsque nous étions jeunes, a revêtu une toute autre importance et nous remplit de Joie chaque semaine.

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