Roman Chapitre II

Chapitre II

Il était un peu moins serein ce matin, car ils s’étaient un peu disputés sur le programme de la journée : il pensait lui faire plaisir en proposant de visiter d’abord la petite ville, puis de consacrer l’après-midi à des activités plus sportives, mais elle avait opté pour faire les choses dans l’autre sens. En fait, il fallait qu’elle …il n’avait pas vraiment compris, et il ne s’était pas entêté pour le premier jour.

Au rendez-vous de la sieste, la lecture du chapitre suivant le renvoya clairement à la réalité de sa vie et de ses futurs choix. Il était surpris de lire des phrases qui le questionnaient directement : « Ni la société dans laquelle nous vivons, ni celle vers laquelle nous nous acheminons ne permette la pérennisation sans discernement de formes et de modèles du passé » oui, il fallait sans doute inventer mais «  les individus sont moins soutenus que par le passé par les structures sociales dans leur vie affective et familiale » (AL 32). C’était sans doute vrai, il ne savait pas très bien se situer dans sa relation, et ce n’étaient pas les longues fiançailles épistolaires de ses parents qui allaient l’aider. Que voulait-il faire dans la vie ? Que voulait-il faire de sa vie ? Et le paragraphe 34 enfonçait le clou « on craint la solitude, on désire un milieu de protection et de fidélité, mais en même temps grandit la crainte d’être piégé dans une relation qui peut retarder la réalisation des aspirations personnelles » Cà c’était trop fort ! C’était exactement ce qu’il ressentait !

À l’aumônerie,  on parlait parfois du mariage puisqu’ils étaient tous chrétiens ou tout au moins des enfants de parents chrétiens. Il n’était pas contre, mais ne souhaitait pas se voir imposer quoi que ce soit. D’ailleurs, le livre le disait bien : « Il ne sert à rien d’imposer des normes par la force de l’autorité. Nous devons faire un effort plus responsable et plus  généreux, qui consiste à présenter les raisons et les motivations d’opter pour le mariage et la famille, de manière à ce que les personnes soient mieux disposées à répondre à la grâce que Dieu leur offre » Il attendait donc d’être convaincu.

Qu’est-ce que tu lis ? La question de Laetitia le sortit brutalement de sa rêverie.

Heu ! Un truc sur l’amour…..dans la famille, se hâtât-il d’ajouter pour ne pas qu’elle se fasse de fausses idées et qu’elle pense qu’il lisait un roman d’amour. Devant son air un peu ahuri, il ajouta : c’est un truc catho, çà ne va pas t’intéresser. Mais elle insistait. En fait, elle avait bien compris qu’il « allait à l’aumônerie »  et elle ne l’avait jamais interrogé pour savoir ce qu’il y faisait, (comment pouvait-on faire des études, être un garçon brillant, plutôt sympa et croire à ces choses-là). C’était le moment de mettre le sujet sur la table ou plutôt sur le tapis, car évidement, en camping sauvage, on n’a pas de table, ni de pliants, ni de butagaz, ni tous ces trucs de confort un peu bourgeois qui empêcheraient la véritable symbiose avec la vraie nature. Elle était à donf écolo avouait-elle. Il lui dit qu’il voulait bien en débattre, mais plutôt ce soir à la veillée, car comme il faisait noir, on ne pouvait rien faire d’autre que de parler et puis si on était un peu embarrassé on pouvait rougir sans honte et que maintenant c’était l’heure d’une belle promenade le long du littoral avec baignade si elle voulait. Et elle voulut.

Quelques heures plus tard, après une belle marche sur un sentier de douanier dominant la mer et où ils trouvèrent une crique abritée, ayant dévoré leur repas du soir végétarien (pour elle) mais copieux (pour lui), alors que s’installait la douce soirée d’été.

. Alors ton bouquin !

Zut elle n’avait pas oublié ! Par quel bout commencer ? Je ne sais rien d’elle sur cette question, mais elle ne parait pas très branchée,  je ne veux pas la blesser et surtout, je ne voudrais pas qu’elle me prenne pour un …(il n’avait pas de mot qui lui venait, mais il se comprenait très bien )….

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