Roman chapitre IV suite de suite

Suite de suite

À leur réveil, l’après-midi était bien avancé. Mais comme en juillet les soirées sont longues, ils décidèrent de poursuivre la randonnée jusqu’à la cascade.

Après une baignade délicieuse, ils s’étaient mis à sécher au soleil…

« Ton pape, il semble connaitre si bien les couples qu’on peut se demander s’il n’a pas été marié lui-même ! » commença Laetitia.

« Oui, heu ! Non, bien sûr que non, mais il a une grande fratrie, des neveux et nièces et il a fréquenté beaucoup de familles »

« C’est clair et puis il entre dans des détails concrets et réalistes ! Je n’aurais jamais cru çà possible  d’un pape ! »

« Et ça t’a plu » relança Maurice.

« Comme je te disais, je n’ai pas tout compris, mais il y a des passages que j’ai bien aimés. »

«  Comme quoi ? »

« Le mariage c’est pas seulement idyllique. Il dit : Le problème survient lorsque nous exigeons que les relations soient idylliques ou que les personnes soient parfaites, ou bien quand nous nous mettons au centre et espérons que notre seule volonté s’accomplisse » (AL 92) ou encore « le véritable amour valorise les succès d’autrui, il ne les sent pas comme une menace, et il se libère du goût amer de l’envi. Il accepte que chacun ait des dons différents et divers chemins dans la vie » (AL 95) et aussi «  On se considère plus grand que ce que l’on est parce qu’on se croit plus « spirituel » ou plus «  sage »….alors que ce qui nous grandit, c’est l’amour qui comprend, protège, sert de rempart  au faible » (AL 97)

Là, Maurice se senti plutôt mal. C’était bien un certain sentiment de supériorité qui s’était exprimé lorsqu’il avait jugé Laetitia superficielle. Il était maintenant impressionné par ses réflexions et c’est lui qu’il trouvait un peu «  rustique ».

Pour masquer son embarras il lui dit : « Ça m’impressionne que tu sois intéressée par des trucs cathos »

« Mais, il y a plein de chose qui sont pas spécialement cathos et qui sont valables pour tous, tu crois que l’amour c’est réservé aux cathos ! Lorsqu’il dit : « celui qui aime n’envisage pas que cette relation puisse durer seulement un temps, celui qui vit intensément la joie de se marier ne pense pas à quelque chose de passager….les enfants, non seulement veulent que leurs parents s’aiment, mais aussi qu’ils soient fidèles et restent toujours ensembles » (AL 122) je ne vois pas qu’il s’adresse seulement à des cathos.

« Donc tu ne serais pas contre te marier un jour »

« Pour moi je crois encore qu’Amour rime avec toujours, même si on ne se marie pas officiellement à la mairie »

«Mais tu ne te marierais pas à l’Eglise tout de même ! »

« A priori non ». « Sauf si je tombe sur un catho » ajouta-­t-elle en le regardant avec un air malicieux.

Il se sentit rougir et espérait qu’elle n’avait rien vu.

Elle poursuivit « et puis ce qu’il dit des femmes est pas mal non plus : l’amour exclue toute espèce de soumission qui ferait de la femme la servante ou l’esclave du mari…la communauté qu’ils doivent constituer se réalise dans une donation réciproque » (AL 156)

Et là où il m’a tout de même scotché c’est lorsqu’il dit : «Rappelons qu’un véritable amour sait recevoir de l’autre, qu’il est capable de s’accepter comme vulnérable et ayant des besoins, qu’il ne renonce pas à accueillir avec sincérité et joyeuse gratitude les expressions corporelles de l’amour à travers la caresse, l’étreinte, le baiser et l’union sexuelle » (AL 157)

«  Mais tu m’impressionnes vraiment » et il ajouta « je vais être obligé de le relire ».

L’ombre de la cascade les avait maintenant enveloppés, l’air avait bien tiédi, l’heure avait tourné vite et le crépuscule s’annonçait serein. Ils décidèrent de passer la nuit « à la belle étoile», ce n’était pas encore la période des étoiles filantes, mais une belle soirée sous la voute céleste présente bien des attraits, en particulier lorsqu’on a vingt ans.

 

 

 

 

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