Roman Chapitre VIII suite de suite

Chapitre VIII suite de suite

L’après-midi de découverte dura presque jusqu’au coucher du soleil tant il y avait à explorer. Ils commencèrent par un bon bain et nagèrent jusqu’à la petit ile qui fermait le cercle de la plage à environ 500 mètres. Des petites sentes parcouraient l’ilot en tous les sens, se frayant un chemin dans une végétation plutôt rase et quelques bosquets de pins assez rabougris. De l’autre côté, une petite falaise de 3 à 4 mètres, affrontaient le plein océan qui était plutôt calme ce jour-là. Ils s’offrirent quelques petits plongeons et Maurice admira le style élégant de Laetitia.

De retour sur la plage, ils remontèrent le cours du rio. La marée était basse et le petit fleuve côtier courait jusqu’à la plage après avoir tracé son sinueux passage entre des bancs de sable de la ria. Ils purent ainsi remonter dans cette vallée dont le fond était plat et sablonneux sur les deux  rives et dont les bords étaient constitués de petites falaises peu praticables. Au bout d’une petite heure, un pont enjambait l’eau et une route de terre les conduisit par une grande boucle à un petit village qu’ils avaient traversé en arrivant la veille. L’unique petite boutique leur céda quelques provisions contre quelques pièces et ils rejoignirent leur voiture, puis leur campement. Le soleil les avait attendus pour leur révéler le spectacle un peu féérique de cette anse dont la marée haute finissait de prendre possession, modifiant les concours, ayant presque totalement avalé le petit fleuve qui se trouvait comme noyé dans un véritable lac remontant la ria jusqu’ à perte de vue.

Ils s’exclamèrent ensemble l’inévitable : « Oh ! Comme c’est beau » et éclatèrent de rire.

Après le diner, à moitié allongés sur leurs sacs (c’était leur habitude maintenant), ils laissèrent doucement la lumière se retirer. Face à la baie, maintenant à son plein, ils savouraient ces instants que l’on qualifie de magique surtout lorsqu’on les contemple à deux.

Doucement la conversation s’installa.

« Tu le mets ce mail à ton oncle-curé » commença Laetitia.

« OK, j’aimerais bien voir sa tête lorsqu’il lira : Bonjour Tonton, peux-tu me donner les raisons canoniques qui empêchent les « divorcés-remariés » de communier. » répliqua Maurice.

« En attendant les explications et si on les comprend » poursuivit-il « cela ne changera pas grand-chose, puisqu’Amoris Laetitia, tout en ne modifiant pas la loi explique qu’on ne devait pas attendre du synode ou de cette exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas. Et qu’il faut seulement un nouvel encouragement au discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers qui devrait reconnaitre que, étant donné que le degré de responsabilité n’est pas le même dans tous les cas, les conséquences ou effets d’une norme ne doivent pas nécessairement être toujours les mêmes. (300)

« Je ne comprends rien » le coupa Laetitia.

« On pourrait dire que l’on ne doit pas mettre toutes les personnes «  divorcées-remariées » dans le même sac ! Il faut d’abord les écouter pour connaitre leur vie avant de… »

«Avant de juger ! » compléta Laetitia.

« En fait, comme je te l’ai déjà dit, le pape invite à ne juger personne, mais plutôt à accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour (308) et il ajoute : Rappelons-nous qu’un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés (305) »

« Houaou ! Il y va fort pour les bons chrétiens !»

« Encore une fois, il ne faut pas mettre tous les « bons chrétiens » dans le même sac ! La même approche évangélique s’impose, ce n’est pas une question d’état de vie extérieur mais c’est une attitude intérieure et dynamique qui te fait demandeur de miséricorde pour toi. Alors, comme le rappelle le pape : Nous sommes invités à vivre de miséricorde parce qu’il nous a été fait miséricorde (310) » expliqua Maurice.

« Ce mot Miséricorde, il est mis à toutes les sauces, ça veut dire quoi exactement ? » demanda Laetitia.

«  Tu peux taper miséricorde sur Google et trouver ça : Attribut de Dieu qui explique tout son dessein de salut pour l’humanité. La bonté de Dieu est infinie car elle est un des aspects de sa miséricorde (Ps 86, 5). On nomme ainsi l’attitude profonde de l’être caractérisée par la disposition d’amour au pardon. La sensibilité à la misère et à la souffrance d’autrui et à une bienveillance fondamentale vis à vis du prochain »

« Ouais »

« Moi j’aime bien le titre d’un livre d’interview du pape François : Le nom de Dieu est miséricorde, je pense que c’est son essence même…ça me parle »

« Oui, j’aime assez aussi » répondit Laetitia.

Puis Maurice lui expliqua que les mots qui revenaient toujours, en dehors de Miséricorde, étaient, accompagnement,  conscience éclairée et discernement. Par exemple au N° 303 : « la conscience des personnes doit être mieux prise en compte par la praxis de l’Église dans certaines situations  qui ne réalisent pas objectivement notre conception du mariage…..cette conscience peut reconnaitre sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu »

C’est  Laetitia qui fit la conclusion du soir. «  Si je comprends bien, ton pape il traque les hypocrites, ceux qui s’estiment parfaits et qui méprisent les autres et il demande à chacun de faire de son mieux en toute sincérité. Avec ce que je vois autour de moi, il va y avoir du travail ! »

«  Tu as raison ! ». Et il pensa : Comme toujours, Laetitia elle m’impressionne !

Pendant ces échanges tout de même bien cérébraux pour deux jeunes en vacance, la lune s’était levée : encore un cadeau de la nature qui inspira bon nombre de poètes et dont on vous fera grâce pour ce soir. Cette douce atmosphère inspira-t-elle à nos jeunes de tendres pensées…laissons les tranquilles, car on ne peut avoir sous contrôle toutes les situations qu’un enfant pourrait traverser François dixit ! au n° 261.

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