témoignage de Marie-Alix

BONJOUR,

J’ai perdu mon mari à la suite d’un cancer il y a presque 12 ans, j’avais 46 ans et 4 enfants. Quelques années plus tard, j’ai rencontré un homme divorcé depuis plus de 10 ans et dont les enfants étaient déjà des adultes. Depuis 7 ans, je partage ma vie avec lui.

J’avais une vie active sur ma paroisse, lui, avait perdu la foi depuis bien longtemps.

Au début de notre relation, j’ai continué mon chemin de baptisée, participant toujours à la vie de ma paroisse dont j’étais salariée et de fait, membre de l’EAP (équipe d’animation paroissiale). Je communiais sans trop me poser de questions, tantôt encouragée par les pasteurs que je côtoyais, tantôt sérieusement interpellée.

Et chemin faisant, mon questionnement sur mon état particulier prenait le pas et assez vite j’ai décidé en conscience de ne plus participer à la communion eucharistique ni de recevoir le sacrement de réconciliation, voulant ajuster la place que je pouvais prendre. Je sentais qu’il me fallait passer par là pour comprendre le sens du Sacrement et ce que le Christ attendait de moi en mettant sur ma route mon compagnon.

Il est en paix avec l’épouse dont il s’est séparé, il la soutient toujours matériellement, il est en lien avec ses enfants et son petit-fils, et surtout il me permet de reprendre goût à la vie. Mes enfants ont non seulement accepté la situation mais l’ont encouragée, me voyant heureuse à nouveau.

Je ne reviendrai pas en arrière, ne refuserait pas ce qui m’apparaît comme un cadeau offert.

Devrais-je pour cela renoncer définitivement à la vérité du sacrement du pardon sans en recevoir le signe ? Participer à la messe en offrant seulement ma souffrance de l’exclusion ressentie, à l’image du sacrifice du Christ ?

L’acceptant difficilement, j’arrivais à une impasse dans ma quête de vérité. Je ne veux plus désormais m’en remettre à ma seule conscience mais discerner dans un dialogue avec l’Eglise. Sur mon chemin, j’ai parfois été confrontée à des positions contradictoires, indifférentes ou embarrassées de certains prêtres. Mais en même temps, je reconnais n’avoir jamais été jugée ni écartée dans ma vie de chrétienne.

Amoris Laetitia a ouvert un chemin plein d’espoir et de miséricorde, il est temps pour moi de l’emprunter en trouvant un accompagnateur spirituel en vue de recevoir la grâce correspondant à mon chemin de vie chrétienne. Que cela passe par les sacrements ou par d’autres chemins à découvrir.

 

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